Amélioration de la santé des femmes : Coppieters veut bousculer la lasagne institutionnelle

Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, entend coordonner avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’AViQ une série de mesures concrètes pour améliorer l’accessibilité et la qualité des soins destinés aux femmes, tout en surmontant la complexité institutionnelle qui freine leur mise en œuvre.

Depuis sa mise en place, le nouveau gouvernement wallon n’a pas caché sa priorité d’instaurer une stratégie « Genre et santé » pour lutter contre les inégalités persistantes et structurelles dans la prise en charge de la santé des femmes. Au Parlement wallon, la députée Sabine Roberty a rappelé que des études de la Mutualité chrétienne ou encore de la mutualité Solidaris ont montré le peu de progrès à ce niveau.

Une autre députée, Sophie Fafchamps, souligne qu’il serait bon que d’autres hôpitaux s’inspirent de l’inauguration, début juin, par le CHU de Liège, d’un nouvel espace « Femme et santé » en plein centre-ville. « Ce centre regroupe en un même lieu des consultations spécialisées en gynécologie-obstétrique, en sénologie, en rhumatologie, en chirurgie plastique, ainsi que des soins spécifiques pour des pathologies telles que l’endométriose ou l’ostéoporose. »

Stratégie conjointe en septembre
Actuellement, « la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles travaillent à l’élaboration d’une stratégie conjointe “Genre et droits des femmes”, attendue pour fin 2025, et d’un axe spécifique consacré à la santé des femmes. Cette stratégie, qui s’appuie notamment sur les recommandations du Conseil wallon de l’égalité entre hommes et femmes, visera à identifier, dès septembre, des objectifs clairs, concrets et fondés sur des priorités de terrain », reconnaît Yves Coppieters.
Des concertations avec l’AViQ seront menées afin de mettre en œuvre des mesures structurantes ancrées dans la réalité des femmes et des structures parties prenantes. « Les enjeux de santé ne seront pas abordés de manière isolée, mais intégrés à une approche transversale en lien avec d’autres compétences, comme l’emploi, l’action sociale et l’égalité des chances. »

La lasagne institutionnelle
S’il salue le projet liégeois, il n’oublie pas de rappeler « que le diagnostic et le traitement relèvent de la compétence du niveau fédéral, tout comme la reconnaissance des cliniques spécialisées. La complexité institutionnelle en matière de santé est bien réelle, mais des passerelles se créent progressivement. Les collaborations se multiplient pour assurer une meilleure cohérence des actions et un véritable renforcement de l’accessibilité des soins aux femmes sur l’ensemble du territoire wallon. » Concernant l’endométriose, le KCE a récemment proposé un modèle d’organisation des soins à deux niveaux : des cliniques locorégionales et des centres d’expertise pour les cas complexes, accompagnés d’un enregistrement et d’un suivi de qualité. Le modèle de financement reste à préciser entre conventions et programmes de soins.

Discussion avec l’INAMI
En matière d’accessibilité des soins, un dialogue régulier est engagé avec l’INAMI afin d’identifier les complémentarités entre administrations. « Une nouvelle réunion est prévue en septembre pour poursuivre ces travaux. Par ailleurs, des échanges ont été amorcés avec le CEBAM, Centre belge pour l’Evidence-Based Medicine, en vue d’une collaboration sur la validation scientifique des pratiques de soins. »

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