Dépistage du cancer du sein: la date d'entrée en vigueur de l'AR est bien suspendue

La date d'entrée en vigueur de l'arrêté royal révisant les modalités de remboursement des mammographies, qui était prévue le 1er avril, est bien suspendue, assure samedi le cabinet de la ministre de la Santé publique Maggie De Block. L'opposition s'inquiétait de voir l'arrêté royal initial toujours publié au Moniteur belge, malgré l'annonce de la ministre de suspendre la date d'entrée en vigueur. "Un autre arrêté royal est en préparation" pour confirmer cette suspension, précise le cabinet de Maggie de Block.

"Force est de constater que Maggie De Block n'a pas joint les actes à la parole, puisqu'il (l'arrêté royal, ndlr) est toujours publié au Moniteur belge et qu'il sera donc bien d'application le 1er avril prochain", déclarait, samedi matin, dans les colonnes de Sudpresse puis dans un communiqué, la députée fédérale et cheffe de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck.

Mais un arrêté royal est bien en préparation pour confirmer la suspension de la date d'entrée en vigueur de ce texte, annoncée le 12 mars dernier, précise samedi la porte-parole de la ministre de la Santé publique.

L'arrêté royal en question prévoit, sauf exceptions, de supprimer le remboursement du dépistage du cancer du sein pour les femmes de moins de 45 ans et de plus de 74 ans. De plus, entre 45 et 50 ans, seul un dépistage annuel serait conseillé et remboursé. Entre 50 et 74 ans, ce ne serait plus qu'un seul dépistage tous les deux ans seulement. Le texte avait suscité la polémique et créé un vent de panique.

"Je n'ai pas compris", réagit samedi Maggie De Block dans les pages de l'Echo. "Je me suis retrouvée toute seule à devoir défendre ce projet alors que c'est pour le bien de toutes les femmes, et notamment les francophones", assure-t-elle. "On a instrumentalisé ce projet pour essayer de faire croire que je voulais faire du communautaire, alors que je veux faire l'inverse. En Flandre, on va arriver à de bons taux de dépistage! Mon objectif, c'est qu'on arrive à rattraper ce bon taux en Wallonie."

"Il y a une différence de culture entre la Flandre et la Wallonie par rapport au dépistage, on le sait. Du coup, on a laissé à partir de 45 ans la possibilité d'aller chez le spécialiste de son choix et de se faire rembourser. Mais avant cet âge, c'est aussi possible s'il y a un risque élevé ou les personnes qui ont des symptômes. Arrêtons les caricatures", insiste encore Maggie De Block. "Vu l'émotion, j'ai préféré poursuivre avec ce projet une fois que tout sera calmé."

De son côté, Catherine Fonck appelle une nouvelle fois la ministre à modifier cet arrêté, même si "certains points sont positifs". En effet, si aucune modification n'est apportée, souligne la députée d'opposition, "seules les femmes à risque très élevé pourront encore bénéficier du remboursement du dépistage avant 45 ans, soit un tout petit nombre". Or, "il est possible de combiner radioprotection et dépistage individuel pour des femmes chez qui il est justifié de réaliser un dépistage individuel avant 45 ans", soutient Catherine Fonck, qui rappelle que "20% des cancers du sein surviennent avant 50 ans".

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