La possibilité de faire évoluer la formation des sages-femmes vers un master en cinq ans est à l’étude au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le sujet a été évoqué au Parlement par le député Vincent Crampont, alors que le métier connaît une transformation importante, notamment en lien avec le trajet de soins des mille premiers jours de l’enfant.
« Le travail en multidisciplinarité, les échanges avec les médecins, la prise en charge extra-hospitalière, la pharmacologie et la vaccination jusqu’à l’âge de deux ans, ainsi qu’un élargissement des compétences en planning familial sont autant de compétences qui sont ou pourraient leur être demandés », a déclaré M. Crampont. « Face à cette augmentation des compétences requises, le secteur est demandeur d’une élévation de la formation au niveau de master. »
Une dynamique interréseaux
En 2021, le Groupe interréseaux des enseignantes sages-femmes avait déjà transmis à la commission paramédicale des éléments relatifs à la nécessité d’adapter la formation. Une nouvelle note de suivi, rédigée en juin 2025 à la demande de la commission paramédicale de l’ARES, témoigne d’« une dynamique concertée entre les neuf hautes écoles concernées ».
Selon cette note, ces établissements « convergent vers une position claire : faire évoluer la formation actuelle vers un master disciplinaire en cinq ans, soit trois plus deux ». Les auteurs estiment que « ce modèle permettrait de répondre aux exigences européennes, de renforcer les compétences cliniques, scientifiques et de leadership des sages-femmes et de mieux répondre aux enjeux de santé publique ».
Faut-il allonger ou restreindre la formation ?
Interrogée sur le sujet, la ministre-présidente Élisabeth Degryse, en charge notamment du Budget, de l'Enseignement supérieur, de la Culture et des Relations internationales et intrafrancophones, a déclaré : « Dans ce contexte se pose effectivement la question de la durée et du niveau de la formation. Faut-il l’allonger pour garantir l’acquisition de ces compétences ? Faut-il plutôt restreindre l’accès pour préserver la qualité de l’encadrement, notamment lors des stages ? »
Elle a également souligné que « des disparités existent déjà » au sein du pays. « Ainsi, la Communauté flamande maintient pour l’instant une formation en trois ans tandis que des pays voisins comme les Pays-Bas ou la France ont opté pour un cursus de niveau master en cinq ou six ans. »
Une analyse encore en cours
La note de juin 2025 ne contient pas encore de recommandations officielles de l’ARES, mais indique que « le travail d’analyse se poursuit, notamment à travers une approche SWOT (Strenghs, weaknesses, opportunities, threats) des différents modèles de master envisageables ».
Ce dossier ne manquera pas d’intéresser les hôpitaux dans les années qui viennent.








