En 2022, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que la prévalence du surpoids et de l’obésité avait atteint des proportions épidémiques dans la région Europe (1). D’après ses estimations, près de 60% des adultes et un enfant sur trois de cette région souffrent de surpoids ou d’obésité (2). Ces affections constituent un problème croissant, à l’impact économique et sanitaire considérable, tant sur les personnes que sur la société.
Le surpoids et l’obésité sont généralement diagnostiqués sur la base de l’IMC. Selon les normes de l’OMS, chez l’adulte, le surpoids correspond à un IMC de 25 à 30 et l’obésité, à un IMC de 30 ou plus (3). En Belgique, la prévalence du surpoids et de l’obésité a augmenté depuis 1997. En 2018, un tiers de la population belge était en surpoids (41% des hommes et 29% des femmes). L’obésité touchait quant à elle 16% de la population (16% des hommes et 15% des femmes).
Ces données relatives à un IMC élevé ont été rapportées personnellement par les participants à l’étude. Les chiffres réels pourraient cependant être sous-estimés, en raison des erreurs dues à des souvenirs incomplets ou à la tendance à donner des réponses socialement souhaitables. Une étude belge récente le confirme. Lors de celle-ci, l’IMC autorapporté n’a en effet permis de détecter correctement que 78% des cas de surpoids et 69% des cas d’obésité (5).
Un IMC élevé est un facteur de risque important de diverses maladies non transmissibles. Les personnes atteintes d’obésité sont exposées à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de cancer et d’affections musculosquelettiques telles que l’arthrose. Ces maladies entraînent une invalidité importante, une augmentation du coût des soins de santé, une diminution de la productivité et un départ à la retraite anticipé. Compte tenu de l’inquiétude croissante quant au fardeau sanitaire et économique de l’IMC élevé, il est essentiel que les pays suivent leur évolution.
L’étude nationale sur le fardeau de la maladie en Belgique (Belgian National Burden of Disease Study, [BeBOD]), menée par Sciensano, a estimé le fardeau pouvant être attribué à un IMC élevé en Belgique. Pour ce faire, nous avons utilisé un critère combinant les années de vie perdue en raison, d’une part, de la maladie (YLD) et, d’autre part, d’un décès prématuré (YLL) par les personnes ayant un IMC élevé. Selon les chiffres de 2018, environ 37 800 YLD, 56 000 YLL et 1,85 milliard d’euros de soins de santé pouvaient être imputés à un IMC élevé. Le diabète de type 2, en particulier, possédait le plus grand impact (38%), suivi par les maladies cardiovasculaires (17%), différents cancers (10%) et les affections musculosquelettiques (9%).
Le surpoids et l’obésité sont des affections multifactorielles complexes, qui dépendent de nombreux facteurs. Parallèlement aux comportements en lien avec la consommation et la dépense d’énergie, des influences externes jouent un rôle clé. Depuis les années 1990, notre environnement est décrit comme «obésogène» (6) et se caractérise par une disponibilité accrue d’aliments bon marché, plus riches en énergie et plus pauvres en nutriments, ainsi que par une diminution rapide de l’activité physique (7). En outre, les habitudes alimentaires dans la plupart des pays européens évoluent sous l’effet de l’augmentation des revenus et de la disponibilité des denrées alimentaires (8, 9), sous l’influence des médias et du marketing qui transforment les normes sociales et culturelles (10). Pour atténuer l’impact de tous ces facteurs, les mesures de prévention doivent cibler non seulement les individus, mais aussi des groupes entiers de la population et un éventail plus large de facteurs qui influencent le surpoids et l’obésité. Les possibilités de prévenir ces affections doivent être axées sur la création d’environnements sains qui soutiennent et facilitent les comportements sains.








