Le NIPT pourrait prédire le risque de complications de la grossesse en cas de maladie auto-immune

L’échantillon de sang prélevé chez les femmes enceintes pour réaliser un test prénatal non invasif (NIPT) pourrait à l’avenir également permettre de prédire quelles patientes atteintes d’une maladie auto-immune développeront de graves complications de la grossesse. C’est ce qu’ont découvert des chercheurs de l’hôpital universitaire de Louvain et de l’Université de Louvain. L’étude a été publiée dans la revue scientifique Science Translational Medicine.

Les femmes atteintes de maladies telles que le lupus, les rhumatismes, le psoriasis ou la maladie de Crohn présentent un risque accru d’accouchement prématuré et de prééclampsie. Jusqu’à présent, les médecins avaient toutefois du mal à évaluer ce risque en début de grossesse, car les symptômes ou anomalies sanguines sont souvent encore absents à ce stade.

Les chercheurs louvanistes ont analysé ce que l’on appelle le « fragmentome », c’est-à-dire les caractéristiques physiques et les profils des fragments d’ADN libre circulant dans le sang. À partir de près de 2.000 échantillons sanguins prélevés au cours du premier trimestre, ils ont développé un modèle informatique capable de prédire avec une grande précision quelles femmes développeront ultérieurement des complications de la grossesse, avant même l’apparition de symptômes. Les résultats du modèle ont été confirmés dans un groupe indépendant de patientes de l’hôpital Oost-Limburg (ZOL).

« Grâce à cette étude, nous savons avec certitude que la même prise de sang que celle utilisée pour le NIPT peut également fournir des informations importantes permettant de prédire les complications de la grossesse », explique le Pr Joris Vermeesch, généticien à l’hôpital universitaire de Louvain et à l’Université de Louvain. Selon lui, une évaluation plus précoce du risque pourrait conduire à un suivi renforcé ou à un traitement, par exemple par aspirine à faible dose pour prévenir la prééclampsie, ou encore à une orientation plus rapide vers un centre spécialisé.

Cette étude s’appuie sur de précédents travaux montrant que les échantillons sanguins prélevés pour le NIPT peuvent également permettre de détecter précocement certains cancers chez les femmes enceintes. La nouvelle méthode n’est pas encore utilisée en pratique clinique. L’hôpital universitaire de Louvain travaille à son intégration dans la pratique hospitalière d’ici deux à trois ans. Les chercheurs évoquent la possibilité d’un « NIPT 2.0 ».

En Belgique, environ 10 % des femmes enceintes souffrent d’une maladie auto-immune. Pour 1 à 5 % d’entre elles, un suivi plus intensif et étroit est nécessaire.

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