Dépistage cancer du sein : « La ministre était allée trop loin » (Catherine Fonck)

Hier lundi, la députée cdH Catherine Fonck avait déjà exprimé son soutien sur Twitter à ceux et celles qui demandaient à la ministre De Block de revoir son arrêté sur le dépistage du cancer du sein. Aujourd’hui, elle explique ses motivations plus en détail.

« Sur base des connaissances scientifiques actuelles, il n’est en effet pas recommandé de faire un dépistage systématique à partir de 40 ans. Et personnellement je ne me suis jamais exprimée en ce sens, malgré ce que laisse penser la ministre », relève Catherine Fonck. « Je connais les risques. Celui de cancer induit. Mais aussi celui de ne plus avoir de motivation suffisante pour faire ses examens à 65 ou 70 ans quand le risque de cancer du sein est pourtant le plus élevé. On ne peut cependant pas non plus oublier que 20% des cancers du sein surviennent avant 50 ans. Je n’oublie pas non plus les faux positifs, ni les cancers inter-dépistages ».

Un mauvais signal 

Ceci étant, le Dr Fonck souhaite revenir sur l’arrêté qu’avait pris la ministre, et notamment sa décision de ne plus du tout rembourser les dépistages individuels pour des femmes de moins de 45 ans. « Pour rappel, ce sont des femmes qui bénéficient d’une prescription d’un médecin généraliste ou d’un gynécologue », souligne-t-elle. « Je pense que la ministre était allée un pas trop loin. C’est un mauvais signal alors même que la priorité doit être de majorer le nombre de femmes qui font réellement leur dépistage. Nous gardons un taux de couverture bien trop bas : environ 50% (en combinant dépistage organisé et dépistage individuel) alors même qu’il faudrait atteindre au moins 70% de couverture pour que ce dépistage permette d’obtenir une réduction du taux de mortalité du cancer du sein ».

Pour la néphrologue, la priorité doit donc être d’abord et avant tout de se mobiliser pour maximiser le nombre de femmes qui font régulièrement leur dépistage. Et d’ajouter : « On a sept ministres de la santé. Je n’en entends aucun sur le sujet ! » D’ailleurs, elle déplore que cet arrêté ait été publié « en catimini… avec une ministre qui dit ensuite que les conditions d’un débat serein ne sont pas réunies ».

 Une médecine à deux vitesse
« Supprimer le remboursement avant 45 ans n’empêchera pas les femmes de moins de 45 ans de faire un dépistage individuel. Elles le feront toujours. Et le paieront. Seules celles qui n’ont pas les moyens de le faire ne le feront plus. Je ne vois pas bien ce que l’on aura gagné. Sauf à démotiver celles qui, avec leur médecin, avaient jugé important de se faire dépister plus jeunes (je pense par exemple à des femmes tabagiques) », lance la députée cdH.

Par ailleurs, Catherine Fonck tient aussi à exprimer son étonnement par rapport à une nouvelle réglementation qui va à l’encontre de l’étude MyPebs dont nous vous rapportions le lancement dernièrement dans nos colonnes. « Je trouve étonnant que l’on modifie les règles alors même qu’une nouvelle étude européenne portant sur 85000 femmes vient d’être lancée. Son objectif est de déterminer s’il faut continuer un dépistage tel que proposé chez nous ou, au contraire, avoir une pratique de dépistage individualisé en fonction d’une série de paramètres ».

Enfin, la députée souligne que l’arrêté publié le 26 février date du 14 janvier et qu’elle avait immédiatement déposé une question au Parlement à la ministre qui n’est toujours pas venue y répondre.

Entre-temps, la circulaire sur l’application de l’arrêté royal sur le dépistage du cancer du sein est déjà sortie et distribuée… « Suspendre un AR ne veut rien dire. Alors qu’en est-il? », demande Catherine Fonck à la ministre De Block.

 

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes un patient interessé par des informations médicales validées, consultez notre site grand public www.vivasante.be.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.