Nouvelle nomenclature mammos : radiologues et gynécos vers le Conseil d’Etat

Pour les partisans d’un dépistage individualisé, c’est l’incompréhension totale car la nouvelle nomenclature parue lundi dernier au Moniteur valorise le mammotest à un moment où nombre de pays l’abandonnent. Le Dr Carine van de merckt, radiologue à l’Institut Jules Bordet et membre du bureau de la Société belge de Sénologie, se fait la porte-parole du mouvement qui se lève.

« Cela fait des années que nous discutons pour essayer de trouver la façon optimale de faire du dépistage. Or, ici, nous n’avons pas du tout été entendus. Nous sommes mis devant le fait accompli puisque l’arrêté est déjà paru au Moniteur », s’indigne le Dr van de merckt.

Plus de remboursement entre 40 et 45 ans

 « Avec cette publication, on entre clairement dans une médecine à deux vitesses (voire trois) puisque les recommandations par rapport au type de suivi ne vont pas changer et seront adaptées au profil de risque et à l’âge. Par contre, les patientes, elles, ne pourront plus être remboursées que tous les deux ans entre 50 et 74 ans et nettement moins. Pour les femmes entre 40 et 45 ans, le remboursement est même totalement supprimé », indique la radiologue.

« Nous avons toujours voulu faire de la médecine de qualité, donc nous avons investi dans du matériel mammographique (full digital et tomosynthèse) et échographique ultraperformant et très onéreux, sans être jamais valorisés à hauteur des investissements. Mais aujourd’hui, c’est un net recul en termes de cibles de patientes (pas de remboursement avant 45 ans ni après 74 ans) et en termes de moyens ! », lance Carine van de merckt.

Recours probable au Conseil d’Etat

Le Dr van de merckt et ses confrères ne comptent toutefois pas accepter cette nouvelle nomenclature sans bouger. « Nous nous sommes déjà réunis. Nous allons faire des contre-propositions. Il faut quelque-chose de raisonnable et MyPebs est une stratégie à laquelle nous adhérons ».

Il ne serait pas impossible que dans les prochaines semaines, un recours au Conseil d’Etat sur une autre partie de la problématique soit introduit, à savoir celle qui touche aux codes pour les gynécologues. « Avec les nouveaux codes, les gynécologues qui font du dépistage et qui font cela très bien parce qu’ils ont été formés à cette fin,  et qui ont une expérience indéniable puisqu’ils font plus de 500 mammographies par an, n’auront plus accès au suivi annuel des patientes à haut risque  », explique la radiologue.

« Cette nouvelle nomenclature les empêche donc d’exercer une compétence qu’ils ont. C’est inconcevable pour nous », conclut le Dr van de merkt. « Je suis radiologue, mais nous sommes solidaires. Nous menons le combat ensemble, et avant tout dans l’intérêt de nos patientes ».

> Retrouvez l'intégralité de l’interview du Dr van de merkt dans Le Spécialiste online

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