Un nouveau traitement prometteur pour la survie en cas de cancer de l'utérus avancé

Un nouveau traitement contre le cancer de l'utérus avancé ou récurrent montre des résultats prometteurs, annonce vendredi l'UZ Leuven. Comparativement au groupe témoin, les malades présentaient un risque de décès ou d'aggravation de la maladie de 30% inférieur.

Le pronostic du cancer de l'utérus avancé est sombre: les patientes rechutent généralement dans les trois à quatre mois suivant la chimiothérapie de première ligne et survivent en moyenne moins d'un an. "Aujourd'hui, nous ne pouvons que regarder et attendre car il n'y a pas de traitement de maintenance", a déclaré le Dr Vicky Makker, oncologue au Memorial Sloan Kettering Cancer Center aux É tats-Unis.

Le but de l'étude était de démontrer une amélioration de la survie sans progression, c'est-à-dire la durée pendant laquelle les patients vivent avec la maladie sans qu'elle ne s'aggrave. C'est une mesure couramment utilisée pour évaluer les nouveaux traitements contre le cancer.

Au total, 263 malades ont participé à l'étude en Europe, en Amérique du Nord, en Chine et en Israël. Toutes avaient un cancer de l'utérus avancé ou récurrent et avaient déjà montré une bonne réponse à la chimiothérapie comme traitement de première intention. Les participantes ont été assignées au hasard au groupe de traitement ou au groupe placebo.

Le traitement, dans le cadre duquel le médicament selinexor était administré par voie orale, a donné de bons résultats. Le délai de rechute des malades a été prolongé. L'effet était particulièrement prononcé chez les patientes porteuses d'un gène p53 fonctionnel : leur survie sans progression était en moyenne de dix mois plus longue.

Le gène p53 empêche normalement les tumeurs de se développer. Dans les cellules cancéreuses, p53 ne fonctionne souvent pas correctement, en partie parce qu'elle est extraite des cellules par des protéines de transport. Le médicament selinexor bloque ces transporteurs, permettant à p53 d'exercer sa fonction anti-tumorale normale.

"Il ne s'agit donc pas d'un traitement curatif", explique le professeur Ignace Vergote, patron de l'équipe scientifique et oncologue gynécologique à l'UZ Leuven. "Par ailleurs, les effets secondaires étaient généralement gérables avec des soins de soutien ou des ajustements de dose."

La société pharmaceutique productrice, Karypharm, prévoit de lancer une nouvelle étude contrôlée avec placebo et le selinexor. "Nous espérons que le traitement sera disponible pour tous nos malades d'ici quelques années", conclut le professeur Vergote.

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Derniers commentaires

  • Paul JONCKHEERE

    21 mars 2022

    Une personne avec minime invasion de l’endometre malgre hysterectomie est quand meme decede l’annee d’apres suite recidive.